Je compare souvent la vie avec un enfant handicapé à un chemin escarpé.

Imaginez-vous en montagne : tout le monde marche vers le sommet sur un chemin large, à faible pente. Tout à coup, un panneau indique que, pour vous, pour atteindre le sommet, il vous faudra prendre le petit raidillon, là, sur votre gauche.

Ce panneau s’impose à vous, vous ne pouvez pas négocier avec un panneau, c’est comme ça. L’autre route vous est barrée.

Vous pouvez alors vous mettre à râler… « c’est trop pas juste », vous asseoir sur le premier gros rocher, les bras croisés, en vitupérant. Vous pouvez vous enfoncer dans la jalousie de vos camarades qui ne peinent pas autant que vous, passer votre vie à mesurer la différence entre les deux chemins, accuser vos chaussures mal ajustées ou fermer les yeux - faire l’autruche en chantonnant et faire comme si votre chemin était plat !

chemin escarpé

Non, ce chemin n’est pas plat… mais aucun chemin ne l’est ; chacun, à un moment ou l’autre de sa vie, doit affronter une pente un peu plus raide, même ceux dont on a l’impression qu’ils sont sur « une voie rapide », une autoroute large et sans dénivelé. Notre objectif à tous est le sommet. La vraie voie rapide, finalement, c’est justement ce petit raidillon : si l’on accepte de prendre ce chemin, on se rend compte que l’on prend de la hauteur, beaucoup de hauteur… comme si notre sueur se transformait en sagesse !

Sur cet escarpement, vous avez le droit de vous arrêter pour reprendre votre souffle, admirer le paysage et le chemin parcouru… mais ne vous projetez pas trop loin : une pente en montagne a toujours l’air plus raide qu’elle ne l’est réellement !

Acceptez les pauses qui s’imposent, gardez toujours auprès de vous le « bâton qui guide et rassure », et accueillez avec bienveillance et humilité toutes les aides qui vous seront proposées.

On n’a pas toujours le choix du sentier que l’on doit suivre… mais on a le choix de l’accepter ou de le refuser : de le subir dans la rancœur, le regret, la comparaison incessante… alors que ces enfants, justement, sont là pour nous apprendre à ne pas comparer, car l’essentiel, l’amour, ne se mesure pas, ne se compare pas.
…ou de le vivre dans la joie, la paix, la force : La joie d’être avec notre enfant, la chair de notre chair, bien présente à nos côtés; la paix d’accomplir ce que l’on doit accomplir; la force… qui nous renforce au fur et à mesure que l’on avance.

Ce sentier en vaut la peine. Le sommet mérite toujours d’être gravi, pour vous, votre enfant et votre entourage; la vie vaut… la joie d’être vécue.

Céline